05-11-2010-
Eugène Onéguine pour la Fête Nationale, qu’est ce qui a guidé votre choix ?
Depuis ma nomination à l’Opéra de Monte-Carlo, je m’attache à présenter, une proposition originale, de qualité et d’un genre musical différent pour chaque Fête nationale. Cette année, l’opéra russe est à l’honneur avec un grand titre de Tchaïkovski, une distribution d’un niveau international orchestrée par un grand chef, Dimitri Jurowski et une très belle production avec des costumes du Théâtre Mariinksi de Saint-Pétersbourg. Mon choix est inspiré par l’événement, le public et la disponibilité des artistes. L’œuvre choisie pour la Fête nationale doit avoir un caractère exceptionnel pour être en concordance avec l’événement à la fois festif et solennel. Onéguine est un opéra très brillant, ce devrait être une très belle soirée. Deux représentations supplémentaires étant données au Grimaldi Forum, il est important que le spectacle intéresse le grand public. Ma devise : « La plus grande qualité pour le plus grand nombre ».
Pouvez-vous nous parler de la genèse de la création mondiale de l’opéra La Marquise d’O… ?
Je porte ce projet depuis cinq ans, lorsque la nouvelle de Kleist, La Marquise d’O…, m’a été offerte par l’un de mes collaborateurs. La qualité de l’œuvre m’a conquis et elle m’est apparue comme un magnifique sujet d’opéra. J’ai souhaité renouer ainsi avec la grande tradition de créations à l’Opéra de Monte Carlo. La dramaturge allemande Gabriele Hoffman a adapté la nouvelle en livret. Pour le compositeur, mon choix s’est porté vers l’excellent René Koering. Ensemble nous avons monté ce projet en confiant la mise en scène à Daniel Benoin, Directeur du Théâtre national de Nice. De surcroît, Barbara Haveman devrait être parfaite en Marquise, un grand rôle de femme, idéal pour elle. Une très belle distribution placée sous la direction musicale de Lawrence Foster. Nous avons mis tous les ingrédients pour faire ce qui, j’espère, sera un succès. Bien sûr comme pour toute création, les risques existent. Ma conviction est que pour faire une création, il faut de grands compositeurs mais aussi de grands sujets ! La Marquise d’O… a fait l’unanimité, elle n’a jamais été adaptée à l’opéra, et la musique contemporaine est plus accessible accompagnée d’une histoire prenante. J’ai toujours pensé qu’on ne réussit pas de grandes choses avec de petits objectifs.
Quels sont les temps forts qui rythment cette saison 2010-2011 ?
Il est possible de parler de temps forts pour une saison de dix ou onze opéras, mais avec cinq ou six opéras à l’affiche nous sommes contraints à l’excellence. C’est une saison qui rassemble à un festival, tout est temps fort : Onéguine, le gala Bartoli, le Bal masqué avec Violeta Urmana, une des plus grandes voix actuelles, la première apparition à Monaco du plus grand ténor belcantiste de notre époque, Juan Diego Florez. Nicola Meller Carbone incarnera admirablement Salomé. En outre, le metteur en scène (Marguerite Borie), dont ce sera la première grande production pour l’opéra, est très jeune et je ressens un devoir d’aider les créateurs de demain. Puis ce seront sept représentations de Rigoletto dans deux distributions différentes. J’insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une distribution de qualité et d’une autre moins bonne mais bien deux propositions artistiques différentes. Au milieu de ces représentations, il y aura un récital d’Albert Dohmen, l’un des trois plus grands barytons wagnériens du moment et enfin la création mondiale de La Marquise d’O... .
L’Opéra de Monte-Carlo s’ouvre à un plus vaste public grâce à des soirées hors abonnement, un plus grand nombre de représentation du très populaire Rigoletto et deux journées portes ouvertes, grand succès chaque année, où chacun est convié à assister gratuitement aux répétitions de Rigoletto et de Salomé.
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