02-12-2009-
Considérez-vous la célébration du Centenaire des Ballets Russes comme un regard sur le passé ou une fête de l’art chorégraphique ?
Il s’agit d’un format d’événement tout à fait à part dans le monde culturel : 400 artistes venus d’horizons géographiques ou chorégraphiques les plus divers, une vingtaine de créations mondiales, trois mois de programmation répartis en 3 Actes, décembre, avril et juillet. Sans compter les expositions, les conférences, les installations, les masters class…Cet événement avant tout festif se déroule d’ores et déjà dans la joie. La dimension d’anniversaire, célébré par une concentration qualitative de haut niveau, est de ce point de vue primordiale. Dans l’Acte I, sept visions du Sacre du Printemps seront présentées, comme des révélateurs de tous les possibles offerts par la version originale. En juillet prochain, à la fin de cette célébration, nous aurons proposé un grand tour d’horizon de la danse avec de nombreuses créations. Cet état des lieux de l’art chorégraphique aura permis, je l’espère, de tracer des pistes pour le futur, dans la droite ligne de celles ouvertes par Diaghilev. Je souhaite que ce programme mette en lumière la forte dimension humaine et affective qui nous unit. Il répond autant à un souci de cohérence qu’à un élan fraternel envers tous les artistes invités. Cela est une des grandes leçons de Diaghilev.
Quelle est votre source d’inspiration pour cette programmation 2009-2010, les grands rendez-vous ?
L’esprit des Ballets Russes guide mon travail depuis toujours. Il ne s’agit pas d’un retour, mais d’une continuité. Issu d’une famille où l’interdisciplinarité était la règle, la notion de mixité entre les arts est fondamentale pour moi. Dans cette optique, j’ai fait venir des artistes comme Marco Goecke, Jiri Kylian, Olivier Dubois, Shen Wei ou Alonzo King. J’ai souhaité proposer au public une programmation cohérente. D’où l’idée d’une célébration en trois actes commençant par un hommage à l’héritage chorégraphique des Ballets Russes qui perdure jusqu’à nos jours. La passion et la curiosité sont mes fils conducteurs. Pour le « Sacre du Printemps », j’ai voulu révéler la trajectoire qui part de Nijinski, passe par Béjart et arrive à Xavier Le Roy. L’un des grands rendez-vous de cette saison 2009/2010 sera le Gala du Centenaire des Ballets Russes donné en l’honneur de S.A.R La Princesse de Hanovre, le 20 décembre au Grimaldi Forum.
Quelles sont les collaborations qui guident ce Centenaire ?
Mon idée était de célébrer cette fête de l’art avec toutes les institutions culturelles nationales : l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, le Nouveau Musée National , l’Ecole Supérieure d’Arts Plastiques de Monaco, le Logoscope, les Archives Audiovisuelles… J’ai compris progressivement que la richesse du patrimoine des Ballets Russes est telle que cet hommage pouvait durer une saison entière en associant toutes les manifestations, comme le Printemps des Arts. Parallèlement, se sont mis en place des collaborations avec de grands festivals européens : l’Impulstanz en Autriche, le Holland Dance Festival ou des institutions telles que le Sadlers Wells de Londres…
Ce qui me réjouit le plus, c’est l’esprit d’équipe, la réunion de compétences générés par cette aventure. Le rêve de Diaghilev de créer à Monaco un Festival réunissant tous les arts se réalise. Nous le devons à la confiance que placent en nous le Gouvernement monégasque et S.A.R la Princesse de Hanovre.
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