03-11-2009-
La programmation rencontre un grand succès, votre objectif au bout de ces trois ans est-il atteint ?
J’avais comme objectifs : jouer davantage, des opéras différents avec plus de représentations, c’est atteint ; remplir les salles avec ces spectacles supplémentaires, tous les records de recettes et de fréquentation ont été pulvérisés, y compris le total général des recettes de ventes au ticket qui ont pris une part importante dans l’équilibre du budget.
L’autre pari réussi est de s’être réapproprié le grand répertoire de l’opéra. J’avais comme objectif majeur de montrer que ce théâtre doit également jouer de grands opéras. Les immenses qualités de la salle sont mises en avant : l’acoustique, la somptuosité du lieu et la proximité du public avec le plateau. Le pari est réussi mais j’ai d’autres objectifs. Dès la saison prochaine nous réenclenchons une politique de créations. Mon deuxième grand espoir est de créer un opéra studio pour irriguer le tissu culturel monégasque d’une façon différente et positionner l’Opéra de Monte-Carlo comme un des lieux incontournable de la jeunesse artistique internationale. Je rends hommage à Rolex et aux Amis de l’Opéra qui s’investissent totalement et nous permettent de présenter des nouvelles productions. Je suis heureux de la synergie entre l’Opéra, l’Orchestre Philharmonique et les Ballets. S.A.S le Prince Albert II et S.A.R la Princesse Caroline savent la légitimité de la culture en Principauté et son importance pour le futur . Avec de tels atouts, nous avons un devoir d’audace.
Quel est le fil rouge de cette saison dont le thème est « Lumières », le choix de Turandot pour la Fête Nationale en fait-il partie ?
J’ai appelé cette saison « Lumières », cela peut être le siècle des Lumières, « Le mariage de Figaro » de Beaumarchais, la lumière de la musique de Puccini, mais surtout cette lumière de la méditerranée qui inonde notre théâtre. L’apparition de la lumière électrique est la plus grande révolution qu’ait connu l’opéra au début du 20è siècle. Aujourd’hui, confiée à de grands créateurs, elle donne sens et force aux nouvelles présentations des œuvres du répertoire.
Comment voyez-vous l’avenir de l’Opéra de Monte-Carlo ?
Je vois cet avenir de façon prudemment positive, il est de mon devoir d’être ambitieux. Nous sommes tributaires, comme tous les acteurs culturels, des fonds mis à notre disposition et devons montrer notre capacité à les utiliser au mieux. Cela ne signifie pas remplir les salles à tout prix mais faire en sorte que la Principauté soit fière du travail réalisé et de l’image que l’Opéra, entre autre, lui donne. Je n’ai pas d’inquiétude en terme de fréquentation, ni dans notre capacité d’attirer de grands chanteurs : ils connaissent notre travail et aiment notre théâtre. Je reste prudent car les turbulences qui assaillent le monde produisent des interférences. Je crois que l’on ne réussit pas de grandes choses avec de petits objectifs. Notre métier c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin.
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